Le palais à travers les siècles
Les origines
L'histoire de la demeure épiscopale est étroitement liée à celle de la cathédrale. Au début du Ve siècle, l'évêque fondateur saint Nicaise réutilisa une importante maison romaine qu'un de ses successeurs, Gilles, aurait agrandie à la fin du VIe siècle. Puis l'archevêque Ebbon (816-835) réalisa d'importants travaux : il aménagea en particulier un bâtiment pour les archives au-dessus d'une « crypte », la première mention de l'actuelle chapelle basse. En même temps, il faisait rebâtir la cathédrale et le cloître des chanoines. Un siècle plus tard, Séulfe (922-925) orna de peintures le palais. Dans la cour, Gervais (1055-1067) fit placer une statue de cerf en bronze qui en fut longtemps la principale curiosité.
Lorsqu'en mai 1210 brûla la cathédrale, il est certain que le palais du Tau fut gravement endommagé mais les sources manquent pour établir l'ampleur des dégâts. Dans les années 1215-1235, la chapelle fut entièrement reconstruite sous la direction du même maître d'$oelig;uvre que celui de la cathédrale. L'aspect général du palais médiéval devait être celui d'une maison forte. Les archevêques disposaient pourtant, au nord de la ville, de l'imposant « château Porte Mars » où ils résidaient alors le plus souvent, capable de les défendre contre les agressions des ennemis du royaume ou contre les troubles urbains.